Aziza Gorgi & Emily Sarsam – Shaping Narratives: Unburying Echoes
Curatorial
AZIZA GORGI & EMILY SARSAM – SHAPING NARRATIVES: UNBURYING ECHOES
Performance, October 2025, Periferico Festival, Modena
Shaping Narratives is a multisensory performance that traverses real and imagined funerary rituals across space and time. Criss-crossing between Tunisia and Modena, the work invites audiences to engage through scent, taste, sound, memory, and collective acts of grief and commemoration.
Developed through a series of physical and virtual encounters with archaeologists in Modena, the performance takes as its starting point the shared culinary traditions of North Africa and Northern Italy. These exchanges unfolded into speculative explorations of funerary practices within Etruscan and Roman tombs, offering a context through which to examine the transformation, survival, and reimagining of ritual across geographies and histories.
Through this work, the artists reflect on archaeology as both a scientific and speculative discipline, one that continuously reorders historical narratives through fragmented discoveries. With sensory ceramic and glass vessels, the artists explore taste as a medium of remembrance and connection. The performance interrogates how power, memory, and cultural dominance are shaped and perpetuated through the act of excavation and interpretation of artefacts.
Central to Shaping Narratives is a collaboration with a local ensemble of singers, who co-create and perform the live vocal score. Curator Salma Kossemtini worked closely on the research and creation process, as well as Collettivo Amigdala, who put the artists in touch with archaeologists working with the Museo Civico in Modena.
Artists: Aziza Gorgi, Emily Sarsam
Curators: Salma Kossemtini (co-curation), Collettivo Amigdala
Emily Sarsam is an interdisciplinary artist, researcher, and cultural organizer based between Tunis and Vienna. Working with mediums such as composition, voice, fiction and poetry, performance, and publishing, her work mainly revolves around commoning practices in rural and agricultural contexts, as well as the impacts of colonialism and extractivism on food, farming and local cosmologies.
Aziza Gorgi is an interdisciplinary artist. She creates sculptures, prints, tiles and choreography. Her themes range from popular culture to local applications of modernity, colonialism and tradition. Through performances and installations, she explores new forms of familiarity.
Together, they are the co-founders of Broudou, a publication and learning community devoted to creative research and experimentation around ecology, agriculture, and food.
With thanks to Laura Petrucci, Veronica Tarpani, Federica Rocchi, Matteo Torsani, Serena Terranova, Alessia Pelillo (Modena Civic Museum, head of communication and European projects), Federica Maria Riso (archaeologist), Ilaria Pulini, the Novi Ark excavation, Luciano and Mirco Pallotti, Silvia Pellegrini (archaeologist, Modena Civic Museum), Ahmed Ben Nessib and the participants of the choir.
Photos: Davide Piferi De Simoni
Jet Lag No.100 – House arrest | إقامة جبرية
Publications
JET LAG NO.100 – HOUSE ARREST | إقامة جبرية
Fanzines, Lendroit éditions, mai 2025, Paris Ass Book Fair, Palais de Tokyo, Paris
Jet Lag est une collection éditoriale de fanzines expérimentaux, conçue comme un espace de création, de réflexion et d’édition partagée. Chaque édition se compose de 10 fanzines confiés à 10 artistes ou collectifs, invités à proposer une contribution libre, visuelle, textuelle, fragmentaire, intime ou politique.
Cette édition a été confiée à la scène contemporaine tunisienne. Le point de départ était simple : interroger les formes que prend aujourd’hui la création dans un contexte actuel instable, sous pression. Cette dernière édition est une tentative de saisir un moment, de le lire sous plusieurs angles, d’en cartographier les tensions.
L’enjeu ? Offrir une perspective brute, sans filtre, sur le monde à travers les yeux de celles et ceux qui ressentent l’urgence de s’exprimer, malgré la répression, le doute, la fragilité. Les artistes invité·es répondent par un processus d’observation, d’étude du visible et de l’invisible. Leurs propositions oscillent entre esquisse et réalisation, entre notes personnelles et constats collectifs.
Chaque contribution est une tentative de déchiffrer, du sens des mots ou l’ombre d’un projet en devenir. Loin d’une vitrine, ces fanzines agissent comme un atelier collectif, où les formes se cherchent autant qu’elles s’affirment. Ce ne sont pas des réponses, mais des processus en cours. Ils exposent les outils du travail plus que ses résultats, comme dans le travail de Wafa Lazhari « It’s an unfinished journey like many others. »
Certain·es partent de l’intime, d’une introspection personnelle, comme 3.odwan, avec Lies > Poetry, un espace de satire à décrypter, où le parcours renaissant devient matière à interroger le socio-politique à travers signes, personnages, souvenirs. L’écriture exhume les non-dits, marqués et notés à travers une psyché affirmée, rythmée par les ruptures du quotidien. Ghad Al Majid, quant à iel, cherche au cœur du processus ce qui existe jusqu’à s’en libérer en le dépassant.
D’autres abordent le territoire comme une archive vivante, une matière en transformation à ciel ouvert. Férielle Doulain-Zouari façonne la terre comme une métaphore d’un corps social mis à nu. Les images d’Achref Bettaieb capturent les mutations visuelles de nos espaces publics en perpétuelle métamorphose. Ce qu’El Warcha en fait est tout autre : une relecture, une transgression et une célébration collective de ce que l’espace public donne à voir, un véritable théâtre de situations.
D’autres encore posent des gestes sur l’invisible. Gladone! Bywho! recompose les nouvelles, les médias et nos réalités physiques et virtuelles en un détournement de situation, en un journal tragique : un miroir tendu à une société trop absorbée par son image. Jack Montaly esquisse un langage à venir, un langage qui explore les formes et structures que constitue sa réalité.
Les œuvres de Sana Chamakh et Bochra Taboubi habitent les seuils des corps et des vestiges : entre mémoire et matérialité, entre absence et déconstruction. Chez Sana Chamakh, il s’agit d’une dissection puis d’un ré-assemblage du corps féminin : collage, transfert, dessin en noir et blanc, comme un manifeste visuel anatomique. Elle cherche à recréer, redéfinir et ré-appréhender le corps, entre fascination, distance, tendresse et confrontation.
De son côté, Bochra Taboubi imagine avec Human Abyss une cartographie post-anthropocène. Elle plonge dans les zones abyssales de l’humain où les strates de frustration deviennent sédiments. À mesure que l’on descend, on atteint la black box, système complexe et mystérieux, où l’invisible gouverne l’humain de l’intérieur.
House arrest | إقامة جبرية, un titre décidé collectivement, n’est pas un mot d’ordre, mais une hypothèse : celle d’un enfermement intérieur autant qu’extérieur, une contrainte qui agit sur la forme mais au fond duquel les artistes continuent à créer. Le fragment devient alors stratégie : esthétique de l’inachevé, du pas encore, du peut-être, mais qui bouge, avance certainement. Chaque fanzine devient une carte sensible, une tentative de saisir ce qui circule, résiste, doute, se construit dans leurs pratiques respectives.
House arrest | إقامة جبرية n’est pas là pour offrir des réponses. Il donne à voir ce qui travaille la scène tunisienne aujourd’hui ; montrer le processus devient un geste assumé. Dans un pays où les espaces d’expression se ferment, ces fanzines circulent. Ils relient. Ils tracent. Ce No.100 propose une archive insoumise, en construction, d’une scène qui résiste en créant.
Salma Kossemtini, mai 2025
Artistes : Achref Bettaieb, Bochra Taboubi, El Warcha, Férielle Doulain-Zouari, Ghad Al Majid, Gladone!Bywho!, Jack Montaly, Sana Chamakh, Wafa Lazhari, 3.odwan
Commissariat : Salma Kossemtini
Édition : Lendroit éditions, Rennes
À propos des artistes
Achref Bettaieb, vidéaste et skateur, dont les films, photographies et installations multimédias interrogent les contrastes et complémentarités du comportement humain, les rythmes sociaux et l’interaction entre le visible et l’invisible.
Bochra Taboubi, artiste visuelle et designer de produits, diplômée de l’Institut Supérieur des Beaux-Arts de Tunis. Elle travaille sur la vie artificielle et des créatures fictives qui interrogent l’être humain, à travers dessins, vidéos et installations.
El Warcha, collectif et espace de création fondé en 2016 dans la médina de Tunis, qui promeut l’éducation pratique et l’action civique par la fabrication de mobilier urbain temporaire, d’installations et d’événements publics avec les habitant·es.
Férielle Doulain-Zouari, artiste franco-tunisienne. Par des techniques manuelles, elle interroge les cohabitations entre le naturel et l’artificiel, à travers installations, sculptures et tissages.
Ghad Al Majid, artiste visuel·le basé·e à Tunis (peinture, sculpture, impression, installation), dont le travail explore l’aliénation sociale, les frontières, la transience et la subjectivité queer.
Gladone!Bywho!, Nur Zen, artiste tunisien explorant les mondes physiques et virtuels pour interroger la société contemporaine et ses constructions médiatiques.
Jack Montaly, artiste visuel explorant l’intersection du langage, de la perception et de l’identité, à travers textes, vidéos et images.
Sana Chamakh, artiste visuelle dont la pratique se concentre sur l’égalité des genres et l’expression sexuelle et queer, transformant le corps en théâtre de résilience et de transformation.
Wafa Lazhari, architecte, artiste et cinéaste tunisienne, qui explore la frontière entre réalité et illusion en combinant images réelles et animation 3D. Elle étudie au Fresnoy, Studio national des arts contemporains, depuis 2024.
3.odwan, confectionneur autodidacte d’objets en déséquilibre. Dessin, peinture et sculpture sous contrainte des moyens et des intrusions.





